Vocal Classics of the Black Avant-garde

photos © Sébastien Bozon

28 août 2019.
Le Noumatrouff / festival Météo / Mulhouse

 

À l’ancienne. Ce set commence à l’ancienne. Musiciens traversant la salle, parade sans âge brindiguolant jusqu’à la scène, poly-clappings, instruments sonnant à l’appel, embouchures dégoupillées sur les stridence. On est sur les marchés du Mozambique, on est à Harlem en 1933, on est à Chicago en 73, on est au Noumatrouff en 2019. Quand on vous dit que cette foutue musique n’a pas d’âge. Antique, la Great Black Music, ses scansions, ses shouts tutélaires, ses gueules de poissonnière, ses marches chancelantes.

Jazz ? Yes, Sir. Vocal Classics of The Black Avant-garde jouent avec l’idiome sans faire l’idiot. Ça mêle mélodies de chansons au cou cassé et improvisations puissantes in extenso, ça soulève des voix exposées dans leur dénuement magnifique. La douceur séculaire de la voix de Dante Michaux trace des paysages urbains ultraviolents pleins de trahison, de Big Beautiful Black men et de silences percés. Elaine Mitchner prolonge les accents nés de la gorge d’Abbey Lincoln, peut-être aussi de celle de Jeanne Lee, pour peindre à grands traits sa propre version de la chapelle Sixtine où baguenaudent des appels à la sédition, au fraternel et quelques anges vengeurs, aussi. 56 ans après Birmingham, Alabama, les prières sont malheureusement toujours aussi vivaces et urgentes. Tu repasseras pour la mise au musée, toi. Car cette musique bouge encore, avec une classe beauté et une inaliénable lucidité. A Great Black Matter. Embarquant le brut, le sophistique et les 50 milliards de nuances. Dont le Black, le Brown et le Beige. Prenez, vous trierez tranquillement cela plus tard.

 

_ Guillaume Malvoisin / LeBloc

 

Back to the early days. This set gets back to the early days. Musicians crossin’ the room, ageless parade twigglin’ to the stage, poly-clappin’, instruments ringin’ the alarm, mouthpieces rest on the stridence. We are on the markets of Mozambique, we are in Harlem in 1933, we are in Chicago in 1973, we are in Noumatrouff in 2019. We told that we’re back to the early days and that this damn good music is ageless. Great Black Music, its scansions, its fishmonger's shouts, its staggering marches.

Jazz? Yes, Sir. Vocal Classics of The Black avant-garde play with the idiom without being idiot, Sir. This music mixes melodies of broken necks songs and powerful improvisations in extenso, it raises voices exposed in their magnificent destitution. 

The age-old sweetness of Dante Michaux's voice traces ultraviolent urban landscapes full of betrayal, of Big Beautiful Black men and drilled silences. Elaine Mitchner revives the accents born in Abbey Lincoln's throat, perhaps also in Jeanne Lee's voice. Then she paints her own version of The Sistine Chapel where calls for sedition, brotherhood and some angels of revenge can be heard heard, too. 56 years after Birmingham, Alabama, prayers are unfortunately still as vivid and urgent. Don’t think about museum handover. This music is still moving, with beauty a classy beauty and an inalienable lucidity. Here’s a Great Black Matter. Embedding the raw as the sophisticated and the 50 billion nuances with them. Including Black, Brown and Beige. Take that now, you’ll distinguish everything later.