Splitter Orchester

photos © Sébastien Bozon

samedi 25 août 2018. La Filature.
festival Meteo Mulhouse

 

Splitter #2. Rebattue des cartes. La symétrie minutieuse du projet Vollbild, composé par Jean-Luc Guionnet et joué hier au même endroit, fait place à une réorganisation par pupitre. Les établis à matières sur l’extérieur, les cordes et cuivres ramenés au centre pour l’impact et une sensualité harmonique certaine. Votée a mains levées lors des balances de l’aprem, la disposition spatiale du Splitter Orchester, 25 musiciens, 9 nationalités, est donc démocratique. Donc sa musique forcément aussi. Large et intense, à forte addiction ciné(ma)tique. Et mue par une utopie libre. Le Splitter Orchester refuse la présence d’un chef. Bernard Sobel, vieux coco communiste de la mise en scène, aime à répéter que le théâtre avait été inventé pour contrecarrer les imperfections démocratiques. On remet le débat sur la place publique et on avise. Ensemble. Il s’agit une fois de plus de cela ici avec le Splitter. D’ensemble, de promotion d’une forme neuve par l’impro, donc l’action collective. Par l’action pure. La circulation des idées est, comme hier, saisissante et la pensée commune est avant contenu dans l’organisation de l’espace. Restent aux matières de s’accorder. Et l’écoute et le respect qui semblent diriger la grande formation laissent présager de quelques leçons politiques indépassables. Qu’est-ce ça raconte le bien commun quand il devient le bien public, par le truchement du concert ? Faudrait aller réécouter Jacques Rancière et Roger Couderc histoire de rapporter quelques mots supplémentaires.

 

Badneighbour

Splitter # 2. Cards have been reshuffled. The meticulous symmetry of the Vollbild project, composed by Jean-Luc Guionnet and played yesterday in the same place, gives way to a reorganization by sections. The workbenches at the margin, strings and brass brought back to the center for impact and a really sensual harmony. Decided by a show of hand during the sound check of the afternoon, the disposition of the Splitter Orchester, 25 musicians, 9 nationalities, is thus democratic. So his music. Large, intense, with strong addiction cine(ma)tic. And propeled by a free utopia. The Splitter refuses leadership. Bernard Sobel, a old communist lads with a maestria of staging, often repeats that theater had been invented to redress democraty’s imperfections. Debate back on public places. Together. This is the case for the Splitter. That and collective action. And pure action. The circulation of ideas strikes anyone in this organization of space. Remain to matters to agree. Attention and respect that seems gathering this big band suggest some sophisticated political lessons. What does it tell about the common good when this becomes a public good, through the concert?