Reverse Winchester / Jeru The Damaja

photos © bretzelfilm

2 octobre 2019, Tribu Festival

Le Consortium Museum -  Dijon

 

Toujours classe de voir des projets, joués à l’os, sachant tracer sans peine des diagonales entre des influences que le quidam convoquerait en rougissant. Riff stoner, débit urbain, spoken-fuck et blues-twisté. Voilà quelques pistes pour la forme de Reverse Winchester. Soit Mike Ladd au chant et Mathieu Sourisseau à la guitare acoustique amplifiée. Si le prem's se réclame diplômé d’un « PHD in deep freeze » (Sieverville), les secousses du second sont loin d’être glacées. Bottleneck ou pédales d’effet pour aller kicker Ornette Coleman dans l’arrière-cour de R.L. Burnside. Sons pétris de tranchant et de prot’ made in Sud Ouest. Pour le fond, c’est de la story, des trucs vieux comme l’amour, comme l’âme et donc forcément pas loin des les larmes. Mike Ladd fait un pas hors du rap, garde intacte sa scansion et balance, dans les tissages rugueux de Sourisseau, chaque kilo « pris avec joie, en France ». Sans le secours d’un drumkit ou d’un back up en boîte. MPC free, le petit gueuloir qui s’installe. En crooner à la bouche pleine de rocaille et d’histoire borgnes — d’histoires vraies, certes, mais borgnes — Ladd maugrée, laidback, contre les mariages gelés, les coups de dés de travers et les Long Fingers Women. Parfait pour aller chevaucher les grands espaces miniatures que la guitare vous aura laissé vissés en tête. 

Vissés dans le crâne aussi, les tricks balancés par Jeru The Damaja, un peu plus tard. Toujours juste rentré de Colombie, le emcee désormais berlinois, tutoie son monde. Et impose ses règles. Simple et funky. Faire du bruit... et faire du bruit. Yep, le flow déterré de l’ère Gangstarr/ DJ Premier est un peu raide mais les ponts que Mista Dommage tire entre Brooklin et Dijon ont l’air assez souples. À peine alourdis par un ban bourguignon opportun. Dans son numéro d’amuseur priapico-cool, d’entertainer à rebonds, Jeru maîtrise à vue sa panoplie de « Ready for summore? », de « hip hop won’t stop » et du quota de « modafuka » requis par l’internationale DJ. Syndicalement posé, par le cortège approuvé.

 

— Guillaume Malvoisin / LeBloc

 

Always nice to see bone backed projects easily draw diagonals between influences that anyone else would have summon while blushing. Stoner riffs, urban flow, spoken-fuck and twisted-blues. Here are some ideas of what you’ll find at a Reverse Winchester’s gig. Mike Ladd on vocals and Mathieu Sourisseau on amplified acoustic guitar. The first one claims to have graduated from a "PHD in deep freeze" but the tremors of the second one are far from frost. Bottleneck or effect pedals to kick  Ornette Coleman out of R.L. Burnside's backyard. Sounds kneaded with sharpness and South West’s proteins. Sure, here is a bunch of stories, old things like love, like soul and therefore not far from tears. Mike Ladd takes a step out of his rap thing, keeps his scansion mint and swings into Sourisseau's rough weaves every kilo "taken with joy, in France". Without the help of a drumkit or a tinned back up. MPC free, this little shoutin’ room. Laidback crooner with a mouth full of rocks and one-eyed history (true stories, right, but one-eyed), Ladd grumbles against frozen weddings, crooked dice and Long Fingers Women. Perfect for riding the large miniature spaces that the guitar has screwed into your head.