The Bridge / A Pride Of Lions

photos © Sébastien Bozon

vendredi 24 août 2018. Noumatrouff.
festival Meteo Mulhouse

 

Du Free comme on l’aime. Organique, ténu, têtu. Confronté ici au blues malien pendulaire, là au lyrisme à la française : la neurone excitée et la larme au bord du coeur. C’est le programme du quintet formé par cette session issue du programme The Bridge. Sous le blaze A Pride Of Lions rugissent et feulent Joe McPhee (saxophones, trompette de poche), Daunik Lazro (saxophones), Joshua Abrams (contrebasse, guembri basse), Guillaume Séguron (contrebasse) et Chad Edward Taylor (drums, mbira). Soit un quintet en symétrie tournée autour des drums pour axe. McPhee et Lazro dont le compagnonnage a été éprouvé par ailleurs laissent aller leur précision de touche et des aigus. Les deux basses fournissent le charbon utile au mouvement initié par Chad Taylor. Ce dernier inverse les inventions entendues dans le très beau duo Imprints (mené avec James Brandon Lewis) où l’espace précède la marche. Ici, on avance d’abord.

McPhee, au lyrisme toujours aussi solide donc, vient appuyer les volutes radicales de Lazro, plus brutes. Sans être brutal. Ici, on prend soin du client tout en lui montrant tout de même l’éponge pour nettoyer la table. Prends ta part camarade, le vieux monde débarrasse derrière toi. Il est toujours un peu question d’héritage, de territoire dans les projets nés du réseau transatlantique The Bridge. Ici en une cinquantaine de minutes, les solutions sont esquissées, dont celle-ci, peut-être la plus évidente : ne pas trop réfléchir et jouer ce qui dois sonner. Dans la jungle, la terrible jungle, les vieux lions ne meurent que d’un œil ce soir.

 

Badneighbour

Free jazz as we like it. Organic, delicate, stubborn. It faces here Malian blues, there some kind of lyricism 'à la française’ : excited neurons flocked to a tear at the edge of the heart. This is the program of this quintet issued from The Bridge program. A Pride Of Lions is the roarin’ Joe McPhee, Daunik Lazro, Joshua Abrams, Guillaume Séguron and Chad Taylor. McPhee and Lazro whose companionship has been time-tested otherwise let happily work their precision and treble. The two basses provide useful charcoal for the movement initiated by Chad Taylor. The latter inverts inventions heard in the magnificent duet Imprints (w/ James Brandon Lewis) where space precedes any move. Here, one advance first.

McPhee with a still strong lyricism supports the radical and raw volutes of Lazro. Without being brutal, here we take care of you. There is always a bit of heritage, territory in the projects born from the transatlantic network The Bridge. Here in about fifty minutes, the solutions are obvious. Do not think but play what should be. The lions won’t sleep tonight.