PüK

© Sébastien Bozon

mardi 21 août 2018 / Office du Tourisme.
festival Meteo Mulhouse

 

Faisant la nique à une expression galvaudée comme ‘ouverture en fanfare’, Pük ouvre le ban du festival avec une façon d’immobilisme. Structure hyper ouverte et concentrée, touches feutrées, trop plein d’entente. Bref, une quasi-trahison réactionnaire. Mais l’immobilisme dont il est question ici, est un immobilisme apparent. Dans cette forme d’attente, qu’on pourrait classée un peu vite comme peu rétrograde, est parsemée de petits motifs intimes empruntant ici à l’obsession légère d’un John Cage, fourmillant ici dans un petit bazar minimal de caisse-claire napoléonienne très amaigrie, ou, là encore, avec des couleurs calibrées post-rock, post-wave voire poste-tout-court: ça reçoit haut la main, ça transmet et ça marque au but. En réalité, Pük — soit Cécile Thévenot, Vincent Posty et Benoit Kilian — semble taillé comme un trio de recherche. Inlassable. Impavide. Ça cherche à trois — piano, basse, batterie, le tout augmenté — sans trop discuter de l’itinéraire mais en sachant parfaitement qu’il y aura jonction au prochain croisement. C’est quasi de saison, empruntons une analogie au cyclisme. Imaginez un peloton peu inquiet des bordures. Ça fait corps, en rang serré et à peine un léger manque de contradictions se fait-il sentir qu’une échappée ricane face à la bonne entente du groupe. Pük fonctionne ainsi, avec des solistes qui mènent la danse, en douce, calfeutrés dans le commun. Dans la joie de faire à plusieurs. Pas mal.

 

Badneighbour