Onipa

photos © bretzelfilm

3 octobre 2019, Tribu Festival

Cabaret Éphémère -  Dijon

 

4 cocos dont un masqué. Des influences facilement décelées dans leurs entrelacs mais irrestiblement imprenables dans leur mobilité. Onipa, ça joue clair, mais ça joue rapide. C‘est une histoire de débranchement de cervelet au profit du bassin. C’est surtout une combine à deux échappés de la sono mondiale, section ‘Ghana/UK’, fraction ‘pourvoyeur de musique à futur’. Tom Excell, guitariste à ressorts, chef de bande londonien, épaulé par K.O.G., shouter électrique, chef de brigade londo-ghanéen, pour balancer, pour la première fois en France, les pépites électro-organique d’Onipa. 

On est dans l’anti-realworld (pas vraiment surprenant à considérer les 20 ans de prog du Tribu). Le son fabriqué, à quatre mains ici, ne vient pas fournir l’Europe en joliesse et en pseudo-racines universelles mais bien lui filer une calque sur la nuque et un paquet de remise en question quant à ses capacités de déhanchements. Harangue en spoken-whatever, guitare sébéné et écho dub de fête foraine, le quatuor en scène joue sur la tension des contraires et va y nicher un plaisir imparable. Londres est un creuset, social, politique et musical. C’est ainsi, les communautés se percutent, et ça marche, et ça dure. Onipa en tire sans doute une des devises de sa musique où cohabitent, par exemple, un paquet de traditions vocales : raga, incantations wolof, inflexions jazz et vocodeur Krautrock. Et, dans ce bordel de glottes multiples, une seule évidence : l’humain (Onipa en langue Akan, Ghana) est plusieurs et indivisible. Too bad, BoJo!

 

— Guillaume Malvoisin / LeBloc

 

4 lads, one with a mask. Musical influences easily detected in their intertwining but irresistibly elusive in their mobility. Onipa? it plays clear, but it plays fast. It's about disconnecting the cerebellum for the benefit of the pelvis. It is above all a combination of two suppliers from the global sound system, section "Ghana/UK", fraction "music for the future". Tom Excell, spring guitarist, London bandleader, supported by K.O.G., electric shouter, londo-Ghanaian brigade leader, to throw, for the first time in France, Onipa's electro-organic nuggets. 

Here’s an anti-realworld music (not really surprising considering the Tribu festival's 20 years of program). The sound produced, with four hands here, does not provide Europe with prettyness nor universal pseudo-roots but rather gives it a cuff on the nape of the neck and a questioning package about its ability to wiggle. Harangue in spoken-whatever, sebene guitar and dub echo of a fairground dub, the quartet on stage plays on the tension of opposites and will nestle an unstoppable pleasure in it. London is a social, political and musical melting pot. That's how communities collide, and it works, and it lasts. Onipa undoubtedly draws one of the mottos from its music where, for example, a bundle of vocal traditions coexist: raga, Wolof incantations, jazz inflections and Krautrock vocoder. And, in this bustle of multiple glutes, only one thing is clear: the human (Onipa in Akan language, Ghana) is many and indivisible. Too bad, BoJo!