Oliba International

photos © Bretzelfim

samedi 6 octobre 2018.
Tribu Festival / Port du Canal / Dijon

 

C’est toujours cool quand une formation apparentée jazz ramène cette musique à son statut mixture vernaculaire. Ce petit orchestre portatif, comme les 5 cocos tourangeaux définissent leur Oliba International, semble jouer à la jonction de la baraque à plaisir, de la parade cérémoniale et de l’orphéon de place de village. Ça manie avec le même bonheur  la transe comme l'ode au Vermouth. Ça fait entendre aussi, si on a envie d’y tendre l’oreille entre deux soucousses, cette manière d’improviser caractéristique du Vieux Carré de la Nouvelle-Orléans, soit tricoter autour d’un thème autour duquel on s’est mis d’accord un avant. Et tout autour de ce bal la poussière, comme il en pousse dans les rues de la Réunion, gravite le lot habituel, des bassins agités sans questions, des têtes secouées débranchés, quelques idiots devenus savants et même d’autres oreilles glosant sur la pentatonique de club med’. On parlait plus haut de jonction, évoquons ici le rassemblement. Malgré l’heure un poil précoce pour ce set du Tribu, la braise est là. Et, sur scène, pas d’autre enjeu que de chauffer ceux d’en face. Pas de solos débraillés, pas de démonstration de virtuosité, pas de break ni de rupture trop voyante. Il y a ce qui se joue, à plusieurs, dans la terrine d’Oliba, parfum Ornette-Tsapiky. Il y a ce qui se danse en face. D'apparence simple, de facture claire et terre à terre. C’est toujours très cool quand une formation jazz ramène cette musique à son statut de mixture vernaculaire.

 

Badneighbour