James Brandon Lewis / No Filter

photo © Kevin Wendling

photo © BdN

jeudi 15 novembre 2018.
Be Bop Or Be Dead / Galerie Cheloudiakoff / Belfort

 

Pythagore is a joke. À Belfort, Le No Filter trio est renvoyé à sa quadrature et l’équilibre reste parfait. Deux ans après la sortie du LP éponyme, le No Filter en live est moins porté sur la rage de vouloir dire les choses que sur l’urgence sereine d’expérimenter des trouées de langages. À son élégance native, à sa quasi-pose de prédicateur revêche, James Brandon Lewis ajoute une furieuse conscience de la note bien pesée. Say What ? Groove reptilien, clarté des incises, saccades hiphopées, soul impatiente  et mains sur le bréviaire gospel. Ajouter à cela, l’art du quart de ton sous trémolo de Luke Stewart, en vacances temporaires d’Irreversible Entanglements. On les a, bien entendu, à portée d’oreille, les facilités comparatives avec un autre quartet ricain où soufflait John Coltrane l’imperator. Sauf que Lewis, qui est capable de disserter 20 minutes sans ciller sur l’innerself, n’est pas du genre à jouer les moines copistes. Alors oui, on croise plus d’une fois, dans le set du quartet, les sphères zébrées et invoquées par Big John ou encore, furtive, la petite litanie montante de Love. Mais à cet héritage, bien en place sur sa petite commode, le quartet ajoute une putain d’énergie roots très personnelle. Le genre de musique à sortir des portes d’une petite église avec pignon sur l’asphalte. Une petite baraque où le jazz s’invente en dansant — mention spéciale au feat. de Jamie Branch venue bouger en mode Sidney période H.i.p.h.o.p — au fil d’un blabla actuel, classe et indocile sur la rédemption, les vases communicants en volcanologie et l’amour du Monde, renouvelé chaque matin. 

 

Badneighbour

 

[EN]_ Pythagoras is a joke. In Belfort, the No Filter trio is sent back to its four equal angles and the balance keeps fit and perfect. Two years after the the eponymous LP released, the No Filter live is less focused on the rage of saying things than on the peaceful hurry to experiment with some language gaps. Leaving his angry preacher position, James Brandon Lewis adds to his native elegance a furious awareness of well-weighed note. Say What? Reptilian groove, clear strikes, hiphopesque jerks, restless soul and hands on every gospel breviary. Add to that, Luke Stewart's 'quart de ton' under tremolo art amongst other gladness. Of course, some of us will choose the comparative facilities with another quartet where imperator John Coltrane was blowing. But, please, note that Lewis, who is able to talk 20 minutes without blinking about innerself, is not just a kind of a copyist monk. So we meet, more than once in this set, the zebra spheres invoked by Big John or, stealthily, the little ascendin' litany of Love. But the No Filter quartet adds to his legacy a very personal energy. The kind of music that comes out of the doors of a small church with a street-side gable. A small house where jazz is invented by dancing - special feat. of Jamie Branch here - over the course of a current, classy and indocile blaablaa about redemption, volcanology and sprayin' love to the world, every each morning.