Nicole Mitchell solo

photos © Sébastien Bozon

jeudi 23 août 2018 / Motoco DMC.
festival Meteo Mulhouse

 

Second set du jour au Motoco, toujours aussi laconique dans son line-up. Après le duo Sofia Jernberg/Mette Rasmussen, Nicole Mitchell solo. Seule ? Pas sûr. Vu le monde qui habite sa musique. Voici un set en forme d’histoire au long cours. Soufflée avec une précision aérospatiale où l’impact joue la montre, où la durée s’étire à loisir et tire l’esprit hors-champ. En gros, à voir les yeux fermés. Au cours de cette histoire sans parole, rendue de toute façon obsolète à bien écouter l’expressivité puissance de la flûtiste, au cours de cette histoire, donc, la technique vient augmenter le discours. Sans pour autant l’illustrer. L’épaulant là. Le redirigeant, gentiment ou non, ici. Ça fricote avec le Nô japonais (plaintes vivaces, scintillements lacrymaux très pointus), ça distille de temps à autre des accents solides de Soul diagonale (hello Harold Alexander !), ça se colore de contemporain (suraigus, drone, microtons, onomatopées, complétez la liste à la main). Il y a quelque chose de terriblement épique dans cette musique. Pour Nicole Mitchell, l’univers a besoin d’histoires, « Music is about storytelling » corrigerait-elle. De quoi attirer l’œil et l’oreille dans les bruissements du monde et de ses origines qu’on a, avouons-le, un peu perdu de vue ces derniers temps. Mitchell corrige le tir d’un souffle, puissant, imparable et régénérant. « She’s like the wind... », chantait en son temps Pat Swayze.

 

Badneighbour

 

Second set of the day, laconic in its line-up. Nicole Mitchell solo. Alone ? Not sure. Given the world that stands her music. Here is a set in the form of long-term story. Blown with an aerospace precision where impact plays with time, where the length stretches at leisure and pulls the spirit of the listener off-camera. Basically, a music to see with wide eyes shut. A speechless story, speech may have been obsolete anyway to listen to the expressivity of this musician. Therefore, the technique increases the speech. Without naïve illustration. Support there. Not so gentle redirection here. It's fraternizing with the Japanese Nô — complaints, very sharp tear sparkles — it distills from time to time solid juts of diagonal Soul — hello Harold Alexander! — it is colored of contemporary music — high notes, drone, microtons, onomatopoeia, please complete the list by hand. There is something damn epic in this music. For Nicole Mitchell, the universe needs stories, "Music is about storytelling" she mays correct. Enough to attract the eye and the ear in the whispers of the world and its origins that we have, let's face it, a little lost sight these days. Mitchell corrects this fact with a shot of a breath, powerful, unstoppable and regenerating. "She's like the wind ..." sang Pat Swayze in his day.