Mike ladd / Thomas Ballarini

photo © Gaël Jolivot

samedi 17 novembre 2018.
Be Bop Or Be Dead / Le Granit / Belfort

 

Augmentation du Free de l’essence. Essence du jazz. Rencontre et d’explorations. Ce qui grosso modo peut se regrouper sous le même plaisir. Pour set, monté en 2 jours, Mike Ladd en homme du monde revisite l’énergie des rues new yorkaises, les saillies politiques mondialo-ricaines, l’héritage qui se joue aujourd’hui en Afrique. 2 jours de travail seulement et les artistes se cherchent. C’est justement ce qui est fascinant à détecter, dans la part de cérémonial d’un festival revenu en salle après les sorties en galerie, cathédrale et autres friches militaires. Le drumming patient et hyper attentionné de Thomas Ballarini soutient l’art consommé du emcee, convoquant lui, la rudesse des débuts de son catalogue (est. 1997). Charisme animal contre précision de ciselage. Énergie punk native contre frappe pesée au trébuchet. Contre ? Oui mais alors comme deux champions sont contre sur un ring posé sur une place de village. Pour le show, pour le peuple autour et pour la joie du challenge. On croise, dans ce combat ganté, l’urgence des réfugiés, Marcelin le cordonnier, quelques mudafucka, Luke Skywalker, le triste Jim Crow et la divine Joséphine Baker.

On parlait plus haut de place de village, il y a, dans le set fabriqué sur pièce par le tandem Ladd/Ballarini, l’art de certains camelots, vous laissant regarder ailleurs pour vous fourrer une poignée de cadeau dans la poche. Voilà une affaire franco-américaine bien meilleure qu’une polémique via Twitter.

 

Badneighbour