Sons Of Kemet

photo © Sébastien Bozon

vendredi 24 août 2018. Noumatrouff.
festival Meteo Mulhouse

 

Sur la mère Kemet, monsieur Internet doit pouvoir fournir quelques réponses. Pour les fistons, c’est au jugé. Sur le vif et dans la fosse du Noumatrouff débarrassée de ses chaises au parterre. Les Sons Of Kemet, c’est une fratrie de quatre cocos, un peu roublards, un peu géniaux. Deux drums, un tuba pour les basses et le sax pour les chants et contrechamps. Shabaka Hutchings, beau gosse planqué sous une capeline façon grande dame victorienne, armé cette fois-ci du seul sax ténor, souffle toujours sur la polyrythmie des deux frappeurs. C’est bourré de l’esprit des petites litanies populaires ayleriennes, c’est toujours en recherche de la greffe magistrale qui voit les structures free prendre les feux sacrés des Caraïbes, les transes collectives et le rouge des tanières à plaisir londonienne. Quitte à flirter avec l’abus de réverbe ou le recel de clichés boogie-woogie. S’en fout la mort. Theon Cross qui gagne haut la main le 1st prize Of Sneakers du festival, vient souffler, lui, sur les charbons. Les quatre gaziers savent clairement qu’ils jouent à Meteo et livrent un set où la danse sait ce qu’elle doit à l’embrasement et aux sauts de bassin. De redescente de grosse tournée, le quartet joue toujours plus proche de l’os. Moins virtuose qu’on a pu l’entendre. Plus rugueux, plus serré. Plus cogneur aussi. Plein d’une attitude calibrée kéké banlieue lettré. Délicieusement toc avec cependant un putain de fond qui ne bronche pas. Du discours, si tu arrives à en chopper le flux, tu t’en feras des colliers.

 

Badneighbour

On mother Kemet, Sir Internet must be able to provide some answers. For her Sons, you’ll have to judge in the pit of Noumatrouff. The Sons Of Kemet. A sibling of four lads. Kind of cunny. King of genius. Two drums, a tuba for playing bass and sax for the songs and counterpoint. Shabaka Hutchings, hiding under a big Victorian lady's cape, plays this time tenor sax only but still blows on the polyrhythm of the two drummers. One can recognize spirit of the little Aylerian popular songs. it’s always swaps to the free structures and the sacred fires of the Caribbean, also collective trances and pleasure of London’s nights. Even if some have to flirt with reverb abuse or boogie-woogie cliché. Theon Cross who’ll surely win of the 1st shiny sneakers prize of the festival, comes with a classy blowing. The four lads clearly know that they play at Meteo festival and deliver a harsh set where the dance knows what it owes to the blaze and the jumps of hips. The quartet still plays closer to the bone. Less virtuoso than we could've heard before. More rough, tighter. With more punch too. With however a fucking rhetoric that does not blink. Speech, if you manage to get some in the flow, you will make jewels with.