Robin Hayward / Jean-Luc Guionnet

photos © Sébastien Bozon

samedi 25 août 2018. Chapelle St-Jean.
festival Meteo Mulhouse

 

Sur le papier, ce duo pourrait prendre des allures de bras de fer d’explorateur de l’inédit. Sauf qu’on est sur un autre braquet qu’un Merckx vs De Vlaeminck. La testosterone ne nourrit plus les ergots et, d’évidence, seule la musique compte pour les deux protagonistes du passage de relais catégorie micro-intervalle couru pour le dernier midi trente de l'édition 2018. Solo, duo, solo. Jean-Luc Guionnet et Robin Hayward.

On a toujours un peu l’impression de venir à la pêche aux secrets en venant écouter le sessions solos de La Chapelle St-Jean. Les longues invocations microtonales de Hayward en fourmillent. Si le tubiste ne dévoile rien et contourne l’impudeur, il les laisse seulement se faire entendre. Toutes les techniques du Free — battement, dissonance à l’embouchure, diphonie du souffle ou encore engagement de la langue — appliquées au tuba, ce qui est plutôt très rare. Le Guionnet des trios free comme The Ames Room a pu nous laisser avec l’impression d’avoir vécu la vie d’un steak sous un attendrisseur, cette facette-ci du saxophoniste (micro-intervalle et ténacité porté sur l’infime), nous dépose davantage du côté de l’atelier d’un moine enlumineur. Impression diamétralement renforcée par l’application des idées sans faille de Robin Hayward. Les duettistes quadrillant — seuls ou à deux — tessitures et niveaux sonores à la manière de peintres. Où d’archivistes. Remettant à jour, une fois de plus, ce que doivent les musiques dites contemporaines aux musiques dites traditionnelles ou antiques — Bali, Inde, Grèce entre autres.

 

Badneighbour

On paper, this duo could sound like an sporting clash. But that’s a real different kind of fight than Merckx vs De Vlaeminck. Testosterone no longer feeds the pins and, obviously, only the music counts for the two runners engaged in this sprint relay. Solo, duo, solo. Jean-Luc Guionnet and Robin HaywardWhen listening to the solo sessions at La Chapelle St-Jean, one mays feel like waiting some secret to be revealed. Hayward's long microtonal invocations swarms with this kind of secrets. But tubist does not reveal anything and lets them only to be heard. All of the free techniques - beat, dissonance at the mouthpiece, throat-singing and breathing, commitment of body language - are applied to the tuba playing, which is rather very rare. We know Guionnet in free trio like The Ames Room. And that’s like being rumsteak under a tenderizer. This facet of the saxophonist (micro-interval and tenacity focused on tiny worlds) puts us in illuminator monk’s workshop. Improved by Robin Hayward's flawless ideas. The duettists sound as painters. Or as archivists. Updating, once again, what the so-called contemporary musics owe to so-called traditional or ancient music - Bali, India, Greece among others.