Théo Ceccaldi FREAKS

photos © Bretzelfim

vendredi 28 septembre 2018.
Tribu Festival / La Péniche Cancale

 

Le FREAKS c’est chic. C’est aussi pléthoric et bourré de pensée anti-jacobine mais c’est plutôt chéri par la capitale, en ce moment. Au jugé du set livré pour l’ouverture Tribu festival, on pourrait situer l’affaire entre l’art de faire des cœurs avec les doigts, le grunge vestimentaire et l’intégrale des pochettes de Sepultura repeinte en rose. Pour la musique, faudrait plutôt aller fouiner de côté du jazz, de sa face free et de ses excès psychés et de ses saillies zozo-poétiques.

« Tchou Tchou crincrin bienvenue dans ta boîte à sapin. »  Le set s’impose comme un collapse de Bobby Lapointe et d’Ornette. D’évidence, on a les deux pieds dans les fouillis syncopés. On a donc du ludique, de la relecture de patrimoine, du 'merde à Papa', des déclarations officielles en filouterie.

Et pas mal de sensualité balancée sur le tas. Ça joue vite et parfois très fort. Le discours se laissant bienheureusement prendre par le sonore, le club des 6 quitte la prod ultra-méchée-ultra-léchée de son récent album (Amanda Dakota, Tricollectif 2018) pour aller sacrifier sans façon des petits bijoux de riffs et donc agacer quelques anciens princes du métal.

ZOUAVES. Certes, Freaks, c’est un genre de boîte à prodiges, scéniques, musicaux, énergétiques. En gros, une des petites bandes qu’il faut suivre de vue sur les scènes jazz frenchies actuelles. Mais la récente Victoire du Jazz attribuée au taulier de l’étrange caravane ne change rien à la façon dont il faut regarder ces zozos en scène. Ça restera un truc qui, sans être super poli nonobstant son charmeur Bonne Nuit Madame, reste foutrement porté sur la générosité et l’art de faire le zouave sans culotte avec les chansons d’amour. Théo Ceccaldi, s’il connait visiblement son Pifarély sur le bout de l’archet, va de préférence plutôt titiller le David Lynch un peu pervers de Lost Highway, après avoir tirer les popcorn de Dario Moreno et embrasser la porn culture (pour une sitographie détaillée consulter le service com du festival).

C’est rose, brumeux aussi et ça fait le barouf d’un enfer classe. Aidé en cela par Matthieu Metzger, remplaçant ici Quentin 'Bobun' Biardeau, par le frangin Ceccaldi, par le souffle lettré de Benjamin Dousteyssier, par l’art cubique de Giani Caserotto et les frappes gonzo d’Etienne Ziemnak, exfiltré, en autres forfaits, d’un autre collectif agité from ouest (Capsul) pour venir savater le jazz actuel de l’hexagone avec les gaziers du Tricollectif. C’est une plutôt bonne nouvelle. Tout le monde les aime. C’est pas mal non plus, l’amour autour des muqueuses. Et les petites crevettes torse-poil se secouant à l’avant-scène du consortium ne devrait pas dire le contraire. 

 

Badneighbour