Fidel Fourneyron  ¿Que vola?

photos © Bretzelfim

vendredi 5 octobre 2018.
Tribu Festival / Port du Canal / Dijon

 

Fidel y Cuba. On imagine assez facilement les lien familiaux qui ont conduit Fourneyron à se voir prénommé Fidel, on imagine aussi les sensations dominant le séjour de collectes du tromboniste sur l’Île. De cette collecte de chants trads yorubas et d’autres rythmes à idoles, il a rapporté les grandes lignes du projet  ¿Que vola?, trois percuteurs du jeune orchestre cubain Osain del Monte et l’envie de les confronter à sept copains musiciens hexagonaux, habitués de l'oblique. En bref, des amis, des amours, des emmerdes. Pour les deux premiers, l’écoute du set fournit de la preuve assez frontale. Les dix musiciens ont tous plutôt l’air portés sur le love et le cuivre flamboyant, frappeurs y compris. Pour le reste, les emmerdes, il s’agirait plus justement d’une envolée de solutions à des problèmes posées. C’est la tradition cubaine telle qu’on fainéante souvent à l’imaginer qui prend des éclats balancé par le jazz du jour. L’écriture des arrangements (signés Thibaut Soulas et Fourneyron) est hyper intelligente dans sa façon régulière de disparaître sur la masse musicale. Ça déstructure les pêches d’accord pour aller frotter l’oreille et voir jusqu’où on peut repenser le groove latino forgés de bout en bout de set par Adonis Panter Calderon, Barbaro Crespo Richard et Ramon Tamayo Martinez. Donc, les percus tiennent la casa et les contrepoints contepointent, notamment dans les incises virulentes que conduisent Aymeric Avice, Benjamin Dousteyssier et Hugues Mayot. Ce set est vieux comme le monde, tape allegro dans l’histoire du jazz (on pense à Steve Lacy et Phil Woods chez Monk, on pense aux projets d’ensemble menés par Sam Rivers) mais ce set reste inédit dans les chemins pris par l’écriture de Fidel Fourneyron. Une sorte de pointillisme arrosé de rhum, à proximité d’une étincelle.

 

Badneighbour