Dordogne / Super Parquet

photos © bretzelfilm

27 septembre 2019, Tribu Festival

La Vapeur -  Dijon

 

Dordogne ? C’est un département français, c’est au sud-ouest. C’est aussi un trio. 2 banjos, 1 cello. Les trois versés dans une relecture sonore du répertoire tradi estampillé Centre France. Dordogne, c’est 3 manches en liberté, 3 cordiers. Sans juge, ni flic. Sans loi, sans vergogne. Pas de shérif pour ce western des massifs du Centre. Massif aussi, le son l’est assurément. Assurément, Les carrures le sont aussi. Et la musique de Dordogne, carrée elle aussi, sait parfaitement s’amuser de ce gros son sensuellement transmissible. La musique trad’ est noyée sous la fuzz, sous les noms de patelins (hello Le Pizou, coucou Groléjac) ou encore sous les patterns répétés jusqu’à l’étourdissement. Soit, et en règle de 3 svp : c’est râpeux, ça blues façon Left Lane Cruiser et ça pédale sec. Ça basse au violoncelle, ça banjotte façon hard rock mobylette et ça dissonne l’hallali. Ça porte des Americana, ça danse en diagonale et ça provoque un peu hâbleur. Ça technoïde, ça larsen ça clichette pour le plaisir. Ça vient juste de sortir un EP bourré d’hypnose et d’électricité, son titre est La Dronne.

 

On dit souvent que la différence entre le trad’ et le folklore se juge sur la capacité du premier à rester vivant et progressiste. Vu comme, sur le parquet de Super Parquet, on super danse, on aurait pas grand chose à dire de mieux. Moins monolithique que Dordogne, tout autant électrique mais encore plus flou dans ses limites d’expérimentations, SP teste titre après titre, la collision d’une free party avec une veillée psyché. Des titres comme Vendredi Morue, la Bourrée Courte ou la Bourrée Coulée de l’Artense vous donnent facilement le son et l’image. C’est patient et carrément têtu. Ça mêle sans trembler cabrette sous bpm et maximum overdrive. On y croise Super Mario cavalant à dos de cochon truffier, Kraftwerk dansant la ronde sur le puy de la Vache. C’est jamais aussi bon que lorsque les infrabasses sont violemment enrobées, avec des rebonds posés à deux doigts de la trap. Ailleurs, c'est pas mal non plus. Ça va chercher la transe au talon et ça pousse même jusqu’à la stadium-folk avec des hymnes à faire passer des trucs comme Muse pour un groupe de thé-dansant. Ça chahute le banc bourguignon découvert dans le dernier Sparse et ça dédicace cœur cœur cœur. Rester (super) vivant et progressiste, on disait plus haut.

 

— Guillaume Malvoisin / LeBloc