David Murray Infinity 4tet feat. Saul Williams

photos © Sébastien Bozon

mardi 21 août 2018 / Théâtre de la Sinne.
festival Meteo Mulhouse

 

Sans sommation. Back to New York. Recta. Période loft. Mitan des seventies. Sur les traces de prédécesseurs comme Archie Shepp, le Free s’y raccommodait avec la tradition, s’appropriait quelques gimmicks de Soul et adoptait deux-trois réflexes ethniques. David Murray y côtoyait de sacrés cocos comme Richard Muhal Abrams, Olu Dara — futur géniteur du rappeur NAS — ou encore Oliver Lake. Aujourd’hui, le loft de David est toujours debout et capable d’accueillir rien de moins que l’Infinity. Et de la rocaille poétique. Net, clean et calibré. Bref, ça déroule. Comme un Greg Lemon sur le pavé parisien en 1989. Avec ce qu’il faut d’histoire dans la musette. Avec ce qu’il faut d’admiration. Avec ce qu’il faut de suspicion, aussi. Bref, ça déroule à l’américaine. Et le son penchant du côté Coleman Hawkins de la force, n’ôte rien du plaisir à affronter le quartet à oreilles nues. Surtout qu’il s’agit d’un quintet renforcé par la présence de Saul Williams, rappeur et spoken-wordeur aussi poético-smooth qu’efficace.

Pas de jazz-rap pour autant, mais un quintet quasi-bop dans sa facture : deux solistes servis par une rythmique à l’écoute. Soit une turbine qui paie fièrement son tribut autant aux têtes chercheuses de la New Thing qu’aux bassins instables de la sweet thing. Flow de recteur stellaire en gosier, Saul Williams se love dans le loft réanimé tranquillement et, en guise d’héritage, emballe l’affaire en syncopade actuelle. Chose précieuse du set, le démontre que le jazz en 2018 n’est définitivement pas à classer du côté de la poussière. Le set des Sons Of Kemet de Shabaka Hutchings, vendredi prochain au Noumatrouff Mulhouse devrait finir d’enfoncer le clou sur les cercueils des contempteurs trop raides.

 

Badneighbour

 

Back to New York. No Warm up. At Loft period. Mid-seventies. Following the footsteps of predecessors like Archie Shepp, Free Jazz reconnect with tradition, connect with some Soul gimmicks and some ethnic reflexes. David Murray socialize with cats like Richard Muhal Abrams, Olu Dara - future dad of rapper NAS - or Oliver Lake. Today, David's loft is still up and hosts nothing less than Infinity. And once again, poetic rockery. 

It’s straight. Like a Greg Lemon’s demonstration of bicycle on the parisian pavement in 1989. With the necessary history in his bag. With that needed admiration. With a few kind of suspicion, too. Just enough to make music a game between musicians and public. In short, it runs in the American way. And the Hawkins’ sound of Murray leaves sharp the fun to face this quartet. In fact, this is a quintet. According to the presence of Saul Williams as smoothy-poetic but really efficient rapper.

No jazz-rap so far, but a ‘quasi-bop ‘ quintet: two soloists served by a fiery rhythmic. A thing that proudly pays tribute to both New Thing and classic thing. As a stellar preacher, Saul Williams wraps himself in this quietly revisited loft to make this a today syncopation. Precious thing. It shows that jazz is definitely not to classify on the side of the dust.