Cyril Cyril

photos © bretzelfilm

4 octobre 2019, Tribu Festival

Cabaret Éphémère -  Dijon

 

Cyril Cyril ? C’est super super. Mais c’est aussi une paire, un paquet, un convoi d’autres choses. Du lyrisme têtu, des volutes entêtantes, du talk-over oulipien, du psyché vernaculaire, des frappes sèches, de la transe pépouze et pas mal de questions du genre « qui veut le pouvoir et le ruines ? ». Des influences, oui, mais du pédigrée aussi. On trouve des traces de Cyril Bondi et de Cyril Yeterian dans les faubourgs du Liban, dans les manuscrit de Mama Rosin, dans ceux de La Tène ou de Plaistow. On les trouve à la manœuvre pour le Label helvète Bongo Joe.

En live, la petite nébuleuse des cocos s’affiche en musique de circuit court. L’un capte les voix de l’autre quand celui-ci fournit l’additif au fuel et propulse les frappes de l’autre. Et le duo duo de s’aventurer sur le terrain de ces concerts où on oublie très vite qui fait quoi quoi pour prendre la tangente ouverte par ces deux zinzins. Banjo go ! Western on the rocks, ou mieux : Country oblique à forte teneur en désert. Imagine John Wayne traversant le plateau de Lawrence of Arabia. Imagine aussi les petites réclames pédagogiques fifties sur la Ville croquée par l’automobile. Imagine, enfin, l’entre-les-lignes, les saillies implicites contre ce monde qui danse à l’envers. Deux premiers chants en libanais, les suivant en français, plus deux-trois onomatopées tapant dans le mille. « Je ne fais que passer, n’est-ce pas ? » scande Samarcande entre deux chevauchées carrément élégantes. Sex appeal d’appeaux, coquillages et panacées. Le cocktail prend d’emblée et la tension monte, avec une solide douceur, sur longueur. Jusqu’au mini-dancing pixiso-beyrouthin de fin de set. Tourner en rond pour ne pas finir remonté. Mieux qu’un coucou suisse.

 

— Guillaume Malvoisin / LeBloc