Cast-A-Net

photos © Sébastien Bozon

27 août 2019.
Théâtre de La Sinne / festival Meteo / Mulhouse

 

Balancez un corps étranger dans un biotope et vous aurez une parfaite leçon de choses. De quoi relancer joliment le débat entre l’adaptation et l’assimilation. Quand le corps étranger en question est raide comme la justice, maniéré comme une duègne sur la banquise et organique comme une microscopie de globules rouges, l’adaptation gagne la partie haut la main. Le biotope est celui de Miller’s Tale, œuvre collective pilotée par Sylvie Courvoisier en compagnie de d’Evan Parker, de Mark Feldman et de l’électronique pointue d’Ikue Mori. Au quartet fait face l’abstract-flamenco d’Israël Galvan. Le danseur déboule dans l’alchimie parfaite des quatre instrumentistes et fait se soulever martèlement à la Stravinsky, blues d’esthète et pointillisme corporel magistral. On est, certes, plus proche de l’Amor Brujo de Manuel de Falla que du Fandango de ZZ Top mais l’énergie contenue par le quintet est entière mise au service des Codes de mise en déroute du folklore. Jusqu’au dépouillement. Cast-A-Net, c’est net. Pas d’andalouserie pour touriste, pas de fanfreluches à gogo. Les talonnades d’hidalgo d’Istraël Galvan emportent le quintet un peu plus loin. Là où la raison redescend sur le terrain de l’envie d’aller faire communauté hors des frontières. Olé !

 

_ Guillaume Malvoisin / LeBloc

 

Put a foreign substance into a biotope and you will have a perfect object lesson. Here is a nice way to relaunch the debate between adaptation and cultural assimilation. When the foreign body in question dance on very thin ice, mannered as a nanny in a rolling barrel and organic like red blood cells under a scope, adaptation easily wins the fight. The biotope is the one of Miller's Tale, a collective work led by Sylvie Courvoisier in the company of Evan Parker, Mark Feldman and Ikue Mori's spiky electronics. The quartet faces Israel Galvan's abstract-flamenco. The dancer rushes into the perfect alchemy of the four instrumentalists and makes them rise up like Stravinsky-style pounding, aesthetic blues and masterful bodily pointillism. We are certainly closer to Manuel de Falla's Amor Brujo than ZZ Top's Fandango, but the energy is not so far and, contained in the quintet’s hands, is entirely busy with the folklore’s defeat. Cast-A-Net, it's clear-cut. No andalusia for tourists. Istraël Galvan's hidalgo heels take the quintet a little further. Where the reason goes down to the field of the desire to form a community outside the borders. Olé!